Je prends quelques minutes pour reproduire ici le commentaire que j'ai rédigé chez le Professeur Masqué en réponse aux interventions entourant le "test inapproprié" qu'aurait fait passer une enseignante de la Rive-Sud à ses élèves.
***
Tout se dit, mais il y a une manière pour le dire.
Je viens d'une famille où on discute de tout. À l'adolescence, mes amis ont bien apprécié les soirées passées à discuter tous ensemble avec mes parents, alors qu'ils ne trouvaient que peu de réponses ou de démarches cognitives encadrantes pour en trouver dans le confort de leur propre foyer.
Sans être un expert en matière de relations interpersonnelles ou de sexualité, c'est cette posture épistémologique, à mon avis essentielle, qui fait que j'aborde ces mêmes thèmes (et bien d'autres!) avec mes élèves à chaque année, depuis bientôt dix ans. Que j'enseigne en 1re secondaire, en 5e ou au cégep, ces discussions sont TOUJOURS bienvenues. Les élèves m'en remercient à chaque fois.
Comprenez-moi bien! Le but, ce n'est pas de les endoctriner ou de leur passer de fausses perceptions. Le but, c'est de les amener à réfléchir et à développer leur jugement, de les outiller de manière à ce qu'ils puissent apprendre à se connaître et à faire des choix éclairés dans toutes les sphères de leurs vies.
Évidemment, on ne peut pas s'attendre à ce que tous les enseignants soient à l'aise d'aborder ces questions, alors qu'ils ne sont pas à l'aise d'en discuter eux-mêmes. Là encore, chaque enseignant doit se connaître... et savoir discuter! Tout est une question d'approche. C'est d'ailleurs ce qui fait que même certains spécialistes de la sexualité n'arrivent pas à bien traiter ces questions en classe.
On parle de sexualité... ce n'est là qu'un des nombreux sujets sensibles ou tabous que j'aborde en cours d'année. J'en parle ouvertement à la réunion de parents en début d'année. J'en parle ouvertement à mes élèves aussi. Je leur dit essentiellement que s'ils ne sont pas à l'aise avec l'un des thèmes traités, avec une des questions que je pose ou avec un commentaire que j'émets, ils peuvent m'en parler individuellement. Cependant, dans un monde idéal, je préférerais qu'ils lèvent la main et le mentionnent. D'abord, leur geste me permettra d’approfondir la question avec l'ensemble du groupe, mais surtout, elle permettra à l'élève de voir qu'il ou elle n'est pas seul(e) à penser ainsi ou à être mal à l'aise avec la situation. Il s'ensuit généralement des discussions plus formatrices que bien d'autres parce que réellement pertinentes.
Cette approche leur permet aussi d'avoir un espace ouvert pour s'exprimer sans peur d'être ridiculisés, en plus de leur permettre de confronter, de comparer et de discuter les points de vue de leurs ami(e)s qu'ils croyaient parfois bien connaître.
En général, les parents me remercient en fin d'année d'avoir ainsi osé traiter de ces sujets. Mes interventions et les réflexions du groupe font leur chemin jusqu'à la maison et nourrissent d'autres réflexions ou animent les discussions autour de la table au souper.
Bien sûr, certains parents sont déjà venus me voir pour se plaindre. Malheureusement pour eux, la démarche présentée ci-haut a ceci de génial, elle est on ne peut plus pédagogique... et bien menée. Si on ajoute à cela que ce qui crée la grande majorité des problèmes dans la société, ce sont justement les tabous et les manques de communication... il ne leur reste plus beaucoup d'arguments.
Les élèves quant à eux comprennent bien vite la pertinence de l'exercice. Surtout quand ils réalisent que peu importe qu'ils aient une sexualité active et follement débridée ou qu'ils aient le sujet en aversion, la sexualité fait partie de la vie et ils devront tôt ou tard se positionner par rapport à celle-ci... peu importe les choix qu'ils feront. L'important, c'est justement qu'ILS fassent un ou des choix éclairés et qu'ILS soient à l’aise avec celui-ci ou ceux-ci.
Bref, je peux comprendre que la prof en question n'ait jamais pensé faire d'appel aux parents. La démarche cognitive qu'elle supporte paraît si évidente que je suis même surpris de voir des gens s'y opposer ici.
Ceci étant dit, la principale erreur dans cette histoire revient à mon avis à la direction, qui n'a pas su rassurer les parents quant au bien fondé, que dis-je, à la nécessité de cette démarche dans le cadre de la formation d'adultes responsables et dotés d'un regard critique sur la vie.
En terminant, que dire des directions qui se sont prononcées sur la teneur des questions présentées ou des gens qui s'en sont outrés? Voilà bien longtemps qu'ils n'ont pas mis les pieds dans une classe ou qu'ils n'ont pas côtoyé de jeunes d'âge secondaire.
***
Le vrai scandale, c'est qu'on cherche à reproduire des tabous au sein même de l'institution qui a pour rôle de les éradiquer.
lundi 6 décembre 2010
samedi 12 juin 2010
Eat Pray Love
Je ne sais pas pourquoi, mais à mi-chemin de la bande-annonce, je me suis senti concerné.
- Mom, when did you accept the life you had?
- Oh, my baby! Always searching for something...
Hum...
Je crois que je vais aller voir le film.
- Mom, when did you accept the life you had?
- Oh, my baby! Always searching for something...
Hum...
Je crois que je vais aller voir le film.
Cocasse
Selon l'exposition "Bodies", présentée en ce moment au Centre Eaton, les amygdales joueraient un rôle important dans les sentiments de peur et de colère.
Selon Demoiselle, les miennes seraient donc mortes d'ennui. Nécrosées par un manque d'utilisation.
Selon Demoiselle, les miennes seraient donc mortes d'ennui. Nécrosées par un manque d'utilisation.
jeudi 10 juin 2010
Un 4e tour d'admissions?
Qui a dit que les élèves de la réforme étaient aussi compétents que les élèves d'avant?
Le nombre d'entre eux qui s'est vu refuser l'accès aux cégeps de la région de Montréal est si grand qu'on envisage la possibilité de faire un 4e tour d'admissions.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. C'est grâce au 3e tour et au nombre surprenant d'admissions supplémentaires qu'il a apporté qu'on m'a offert de quoi travailler cet automne.
Au niveau social, ça a tout de même quelque chose d'inquiétant.
Le nombre d'entre eux qui s'est vu refuser l'accès aux cégeps de la région de Montréal est si grand qu'on envisage la possibilité de faire un 4e tour d'admissions.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. C'est grâce au 3e tour et au nombre surprenant d'admissions supplémentaires qu'il a apporté qu'on m'a offert de quoi travailler cet automne.
Au niveau social, ça a tout de même quelque chose d'inquiétant.
mercredi 9 juin 2010
La revanche des ressources humaines?
Les gens sont souvent surpris de la prudence que j'exerce avant de me réjouir. Disons simplement que j'ai l'habitude des revirements.
Mardi soir, je reçois un courriel m'annonçant que, contre toutes attentes, j'aurai un emploi à temps plein au cégep à l'automne. C'est qu'on nous avait informé, mon nouveau collègue et moi, qu'il n'y aurait rien de disponible pour nous une fois la session d'été terminée.
La nouvelle est bienvenue. Demoiselle est heureuse.
Ce soir, à mon arrivé au cégep, mon coordonnateur me présente ses excuses. Bien que j'aie été engagé en premier et qu'il ait suggéré mon nom en priorité dans sa répartition des charges de cours, les ressources humaines ont décidé de faire passer mon nouveau collègue avant moi, puisqu'il a déjà de l'expérience au collégial.
La bonne nouvelle, on m'offre tout de même 50% de tâche en septembre, soit deux groupes, pour le cours que je donne cet été. Quelques ajustements à faire et le tour est joué.
Évidemment, c'est décevant. Un salaire à temps plein qui vient de passer à la moitié, en plus d'être considéré comme le dernier entré... les chances d'avoir un cours à l'hiver ne sont pas de mon côté.
En même temps, il faut voir les choses du bon côté. J'ai tout de même un salaire assuré et une tâche qui me permettrait de continuer la maîtrise, peut-être même de la terminer. De plus, qui sait ce que la vie peut réserver? On va peut-être me proposer quelque chose du côté de l'université?
D'une manière ou d'une autre, tout n'est pas encore décidé. Mon collègue a des choix peu évidents à faire entre les offres que le cégep X et le cégep Z lui ont présentées. Dans un monde idéal, il prendrait une demi-tâche de chaque côté, histoire de se protéger. Malheureusement, les cégeps ne semblent que peu enclins à partager, même s'ils ne peuvent garantir qu'on va travailler. Être à sa place, je ne sais pas ce que je choisirais.
Je lui ai dit de se faire confiance. De penser à lui. La vie trouve toujours un moyen de tout arranger, même si ce n'est pas toujours de la manière dont on se l'était imaginé.
Mardi soir, je reçois un courriel m'annonçant que, contre toutes attentes, j'aurai un emploi à temps plein au cégep à l'automne. C'est qu'on nous avait informé, mon nouveau collègue et moi, qu'il n'y aurait rien de disponible pour nous une fois la session d'été terminée.
La nouvelle est bienvenue. Demoiselle est heureuse.
Ce soir, à mon arrivé au cégep, mon coordonnateur me présente ses excuses. Bien que j'aie été engagé en premier et qu'il ait suggéré mon nom en priorité dans sa répartition des charges de cours, les ressources humaines ont décidé de faire passer mon nouveau collègue avant moi, puisqu'il a déjà de l'expérience au collégial.
La bonne nouvelle, on m'offre tout de même 50% de tâche en septembre, soit deux groupes, pour le cours que je donne cet été. Quelques ajustements à faire et le tour est joué.
Évidemment, c'est décevant. Un salaire à temps plein qui vient de passer à la moitié, en plus d'être considéré comme le dernier entré... les chances d'avoir un cours à l'hiver ne sont pas de mon côté.
En même temps, il faut voir les choses du bon côté. J'ai tout de même un salaire assuré et une tâche qui me permettrait de continuer la maîtrise, peut-être même de la terminer. De plus, qui sait ce que la vie peut réserver? On va peut-être me proposer quelque chose du côté de l'université?
D'une manière ou d'une autre, tout n'est pas encore décidé. Mon collègue a des choix peu évidents à faire entre les offres que le cégep X et le cégep Z lui ont présentées. Dans un monde idéal, il prendrait une demi-tâche de chaque côté, histoire de se protéger. Malheureusement, les cégeps ne semblent que peu enclins à partager, même s'ils ne peuvent garantir qu'on va travailler. Être à sa place, je ne sais pas ce que je choisirais.
Je lui ai dit de se faire confiance. De penser à lui. La vie trouve toujours un moyen de tout arranger, même si ce n'est pas toujours de la manière dont on se l'était imaginé.
mardi 1 juin 2010
On n'est jamais si bien servi que par soi-même
On ne le dira jamais assez, pour décrocher un emploi quelque part, il ne faut pas attendre d'être appelé. Il faut investir le milieu et être bien renseigné.
Début avril, je téléphone au service des ressources humaines du cégep pour savoir s'il y a des ouvertures pour la session d'été et la session d'automne. On me demande de rappeler à la fin du mois.
Dernière semaine d'avril, je laisse un premier message.
Première semaine de mai, deuxième message.
Deuxième semaine de mai, une amie, qui enseigne au cégep en question, m'envoie un courriel me demandant si j'ai rejoint madame X. Il y aura des entrevues au début de la troisième semaine de mai.
Je n'ai pas été appelé. Pourtant, ne m'avait-on pas assuré que j'étais "le prochain sur la liste" et "un candidat intéressant"? Voici le message que j'ai laissé au services des ressources humaines:
Bonjour Madame X, Y à l'appareil. Je ne sais pas si vous avez reçu mes messages des semaines passées, mais je vous rappelais, tel que convenu, à propos des éventuelles ouvertures pour des charges de cours à la session d'été et à la session d'automne. J'ai su qu'il y aura des entrevues à ce sujet la semaine prochaine. Je me demandais si vous étiez toujours intéressée par ma candidature? Dois-je me présenter aux entrevues ou, puisque je suis sur la liste, vous avez déjà quelque chose en tête pour moi? Vous pouvez me rejoindre au XXX-XXX-XXXX. Merci et bonne journée!
Croyez-le ou non, moins d'une heure plus tard, la secrétaire m'appelait pour me demander "si j'étais toujours intéressé à passer une entrevue."
Est-ce ça qu'on appelle se téter une entrevue? J'avais l'impression qu'on ne voulait pas de moi là-bas. Difficile de ne pas s'imaginer partant bon dernier face au comité de sélection. J'allais donc devoir les convaincre que j'étais à ma place.
L'entrevue s'est bien déroulée.
J'ai obtenu le contrat.
Merci mille fois à J. pour les infos.
Début avril, je téléphone au service des ressources humaines du cégep pour savoir s'il y a des ouvertures pour la session d'été et la session d'automne. On me demande de rappeler à la fin du mois.
Dernière semaine d'avril, je laisse un premier message.
Première semaine de mai, deuxième message.
Deuxième semaine de mai, une amie, qui enseigne au cégep en question, m'envoie un courriel me demandant si j'ai rejoint madame X. Il y aura des entrevues au début de la troisième semaine de mai.
Je n'ai pas été appelé. Pourtant, ne m'avait-on pas assuré que j'étais "le prochain sur la liste" et "un candidat intéressant"? Voici le message que j'ai laissé au services des ressources humaines:
Bonjour Madame X, Y à l'appareil. Je ne sais pas si vous avez reçu mes messages des semaines passées, mais je vous rappelais, tel que convenu, à propos des éventuelles ouvertures pour des charges de cours à la session d'été et à la session d'automne. J'ai su qu'il y aura des entrevues à ce sujet la semaine prochaine. Je me demandais si vous étiez toujours intéressée par ma candidature? Dois-je me présenter aux entrevues ou, puisque je suis sur la liste, vous avez déjà quelque chose en tête pour moi? Vous pouvez me rejoindre au XXX-XXX-XXXX. Merci et bonne journée!
Croyez-le ou non, moins d'une heure plus tard, la secrétaire m'appelait pour me demander "si j'étais toujours intéressé à passer une entrevue."
Est-ce ça qu'on appelle se téter une entrevue? J'avais l'impression qu'on ne voulait pas de moi là-bas. Difficile de ne pas s'imaginer partant bon dernier face au comité de sélection. J'allais donc devoir les convaincre que j'étais à ma place.
L'entrevue s'est bien déroulée.
J'ai obtenu le contrat.
Merci mille fois à J. pour les infos.
jeudi 6 mai 2010
Ça fait rêver
Je sais que vous allez probablement encore me trouver étrange, mais voici ce qui m'a fait rêver cette semaine:
www.fiveten.com/community/blog/9642-sonnie-trotters-journey-to-find-the-mpv
Enjoy!
www.fiveten.com/community/blog/9642-sonnie-trotters-journey-to-find-the-mpv
Enjoy!
Inscription à :
Articles (Atom)